3 000 000 m3 de déblais ?

Projet RN 88 : Vous avez dit 3 000 000 m3 de déblais ?

1 600 000 m3 seront réutilisés en remblais et 1 400 000 m3 seront déposés on ne sait pas encore où !

Mais au fond qu’est-ce que cela représente ?

Pour se rendre compte on peut effectuer un petit calcul qui se base sur quelques hypothèses qui ne demandent qu’à être discutées.

Un camion benne à 4 essieux qui peut circuler normalement sur les routes peut emporter une dizaine de mètre cube. 10 m3 de roches basaltiques phonolithiques possèdent une masse d’environ 28 t. Les déblais doivent être transportés dans des lieux éloignés de leur zone de prélèvement, il est donc raisonnable de penser que 1h à 2h seront nécessaires pour effectuer une rotation (chargement, trajet aller-retour et déchargement) : Retenons 1 h pour nos calculs.

Pour évacuer les 3 millions de m3 de déblais il faudrait donc 300 000 rotations de camion soit 300 000 heures. En faisant l’hypothèse que les camions effectuent les rotations 10 h par jour et 5 jours par semaine, il faudrait avec un seul camion : 300 00010×5=6000 semaines pour tout évacuer c’est-à-dire un peu plus d’un siècle !

Autrement dit pour évacuer les déblais en 1 an il faudra 100 camions. Chacun effectuant des rotations toutes les heures, 10 heures par jour et 5 jours par semaine. Ces 100 camions effectuant des allers-retours en permanence devront emprunter le réseau routier secondaire. A moins que d’autres voies d’accès soient construites ce qui augmenterait d’autant l’emprise du chantier sur le territoire. Les roches basaltiques du lieu, plus ou moins concassées et remuées, les engins circulants brasseront une poussière importante qui contribuera à augmenter le bruit de fond radioactif des environs. Même si la phonolithe ne compte pas parmi les roches les plus radioactives, celle du Pertuis reste une roche volcanique relativement jeune (13 millions d’années pour les sucs autours du Pertuis) et elle renferme quelques éléments radioactifs comme l’Uranium ou le Thorium et tous leurs descendants qui font partie de ces deux grandes familles radioactives. L’augmentation des doses radioactives reçues par les personnes respirant ces poussières, et consommant les produits de leur jardin où les poussières ne manqueront pas de retomber ne dépasseront surement pas les doses maximales tolérées mais il est certain que la radioactivité ambiante augmentera. L’exposition chronique aux poussières pendant la durée du chantier peut également amener à des problèmes respiratoires pour des personnes sensibles.

Quant aux 1 400 000 m3 dont on ne sait pas quoi faire, ils représentent tout de même le volume d’environ trois rochers d’Aiguilhe. Pour le calcul il a été considéré que le rocher d’Aiguilhe était un tronc de cône parfait de 82 m de haut, 57 m de diamètre au sommet et environ 110 m de diamètre à la base soit un volume de 460 000 m3. On comprend mieux pourquoi le maitre d’oeuvre cherche à acquérir des terrains. Personne ne voudra de ces remblais « bas de gamme » constitués en grande partie d’argiles que l’on trouve en quantité sous les roches basaltiques dans les environs du Pertuis et de Saint- Hostien. Les roches basaltiques constitueront probablement les remblais « haut de gamme » réutilisés.
Est-ce que chacun a bien pris conscience de l’ampleur du chantier et de toutes ces conséquences sur nos vies et sur la vie en générale pour gagner 2 minutes de temps de trajet ?

Est-ce que nous avons vraiment pris le temps de réfléchir à des solutions alternatives beaucoup moins onéreuses pour améliorer la sécurité sur la route existante et la qualité de vie des riverains dans les villages traversés ?

Quand parviendrons- nous collectivement à réellement mobiliser toute notre intelligence et toutes nos forces dans une direction qui cesse de martyriser notre Terre-mère ?

Nathalie et Francis Collet
Habitants du Pertuis

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